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INTERVIEW DE DAVID FROSSARD – FONDATEUR DE P.FRAPIN & CIE

Quintessence de la terre et du temps. De la sensualité et de l’émotion. Du savoir-faire et de l’art de vivre à la française…David Frossard, fondateur des parfums P. Frapin & Cie nous confie son regard philosophique et sensible sur les parfums et l’histoire qu’ils portent.

Les parfums Frapin évoquent la tradition qui traverse les âges, l’intemporel, la nécessité du temps donné à la matière. Quel est votre rapport au temps?

On retrouve des traces de l’installation de la famille Frapin dès 1270 en Charentes. D’illustres membres de cette famille traversent l’histoire de notre pays, comme Francois Rabelais dont la mère était une Frapin, Pierre Frapin apothicaire de Louis XIV qui se voit offrir le blason de la famille en 1697. La famille Frapin produit des cognacs d’exception depuis plus d’un siècle… La tradition infuse donc la famille Frapin et les valeurs de cette maison. Par ailleurs il faut 30 ans pour réaliser des cognacs et les voir sur le marché, le rapport au temps est donc très different de celui de notre monde urbanisé et ultraconnecté où si vous n’avez pas répondu ou liké dans les deux heures vos « contacts » pensent qu’il vous est arrivé quelque chose…

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Petits mots entre parfums

La scène se déroule un soir de juin. Lorsque le soleil s’apprête à toucher l’horizon, délivrant au monde une chaleur bienveillante.

Fleur des Fleurs se trouvait là, assise sous un pamplemoussier, lumineuse, douce et chic, la peau huilée en ce soir d’été, où jasmins et autres exhalent leurs dangers. Elle semblait attendre quelqu’un.

Tango qui passait par là, le pas toujours sûr, le regard intense resta subjugué face à la créature, la fève tonka monta en lui, il ne put se taire :

« Mira muchacha! Je te vois là, belle et sage avec ta couronne de jasmin… Madre Mio tu as brûlé mon coeur. Ton ylang solaire a irradié ma cardamome. Oublies ton soupirant mi amor, et viens danser front contre front, je te donne tout le sel, le sucre, le miel et les épices d… »

Lancé dans une sérénade passionnée, il ne vit pas s’approcher le dandy juvénile, Boutonnière n°7. A peine sorti de l’opéra, gardénia au costard, tête gominée, perle de sueur, la démarche nonchalante, l’œil tendre et perçant avec cet accent aristo qui ne demande qu’à s’affranchir de sa bonne éducation :

-« Oui, ouiiii, On vous entend Mr Tango, on vous entend… (Il prend Fleur des fleurs à son bras) Vous êtes très en beauté ce soir ma chère, c’est vrai. Votre peau d’ylang me donne des idées tropicales, mes racines de vétiver s’électrisent, ma lavande soupire, vous faites transpirer mon gardénia, que dis-je MES gardénias! Ma mousse de chêne frémit.  Il faisait pourtant frais il y a 5 minutes… Quelle moiteur ici vous ne trouvez pas? La nuit, mes fleurs d’orage.. M’offririez-vous dans les buissons votre compagnie? Qui attendiez vous déjà?

Tango au sang chaud, n’apprécia guère être ainsi interrompu. Il se mit aussitôt à fumer, son torse cumin embrasa son jasmin et sa rose, il était prêt à en découdre :

-« Pétit impertinent avec ta voix de lait, tu crois pouvoir me défier niño? Viens te frotter à mon patchouli, je t’attends, viens donc faire briller mon cuir avec ton beau costume, viens que je vais te révéler le secret del fuego… »

– » Elle te plaît cette petite hein? Volute colorée, flamme de métal, Fuego Florès qui attendait son cours de danse de salon, ne put contenir plus longtemps sa jalousie, agrippa l’accord cuir volontaire du torride Tango et de sa voix cristalline lui assèna :

« Sa peau brillante, son instinct sauvage à peine dissimulé derrière  son regard candide… Assez de vanille et de minauderies, moi aussi je peux faire la blanche narcotique…viens donc  t’allonger dans mon jardin, viens admirer mes lanternes de fleur d’oranger, de lavande et de vetiver, tu vas voir qui est le fuego ! Allez on rentre ! »

Fleur des fleurs, jusqu’ici silencieuse et polie, s’agaça et dévoila son insolence d’ado…

-« Bon cela suffit! « Cette petite cette petite », vous me prenez pour une débutante ou quoi? Mon santal y voit clair dans vos jeux. Oui je jasmine, oui je tubéreuse et aucun de vous ne va m’apprendre le benjoin, je sais faire! Et certains d’entre vous devraient revoir leur ylang, moi je le parle parfaitement, comme chez moi. Et non je ne donne pas de cours particuliers… »

Le nez en l’air, bras croisés, moue boudeuse, jolie môme attends donc quand, l’oeil brillant et l’aura chatoyante, la solaire et subversive Charogne qui suivait la scène discrètement, l’interpelle à son tour, langoureuse:

-« Hep hep hep beauté, tu n’as quand même pas tout vu, ni tout essayé, il y a bien des choses encore inexplorées dans ton ylang, ne crois tu pas? Et c’est bien cela le plus enthousiasmant! Oserais-tu repousser les limites de ta peau jusqu’au cuir, avoir des gousses, tenter la vanille? Ahh les délices de salive séchée au soleil sur ma peau amoureuse, je te montrerai si tu veux… Sauf si toi tu décides de sortir de l’ombre et m’invites boire une tisane au gingembre!  » Lança t-elle soudain à Luci ed Ombre qui apparu sans bruit , beau, ténébreux, énigmatique.

Ce dernier lui adressa un regard, le soleil couchant traversa sa pupille jaune, translucide qui laissa apparaître sa tubéreuse carnassière. Son mutisme imposa le silence quelques secondes. On n’entendit plus que le froissement des herbes hautes baignées de lumière sur son passage, il disparut lentement, mais son encens demeura. Peut-être est-il toujours là, tapis entre ombre et lumière…

« Brrrr, frissonna Ciavuru d’Amuri, androgyne et sensuel, il arrivait pieds nus, paré de délicates couleurs pastelles vertes, blanches et roses, « il m’effraie autant qu’il m’attire ce Luci Ed Ombre, je ne laisserais pas ma figue charnue trainer trop longtemps sous son nez à celui-là. Malgré tout, on a un petit air de famille vous ne trouvez pas ? Oh mais je m’égare, je n’avais pas vu l’heure, mon jasmin est déjà bien déployé et Fleur des Fleurs doit s’impatienter… Me voilà ma tendre amie ! »

 

« Eh bien, je n’y croyais plus ! » dit-elle boisée

Il s’avancèrent dans le soir, laissant derrière eux un sillage lumineux, espiègle et dansant. Comme un un tendre duel. Comme des jasmins dans le vent viennent de leurs blanches étoiles indolées donner un petit coup de canine: sur la nuque ylang lactée d’un benjoin lunaire de mademoiselle, sublimée par une étole de tubéreuse vaporeuse  ; sur le torse boisé sève de figue de monsieur, douceur élancée de peau délicatement burinée par l’encens soleil.

 

Ecrit par Dorothée Duret et Jessica Meyer Bachke

Illustré par Dorothée Duret

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2 ANS DU NEZ INSURGÉ

2 ans du Nez Insurgé

Chers amis, Le Nez Insurgé a 2 ans. 2 : nombre de la dualité, de l’union.

L’union des explorateurs de l’art scellée par le parfum, qui compte déjà de nombreux souvenirs de moments partagés et d’émotions échangées… Alors oui, on vous l’accorde, Le Nez Insurgé est bavard…mais c’est pour mieux vous libérer, pour que vous vous laissiez porter par la musique du parfum et qu’à votre tour vous fredonniez. Pour que vous osiez tout dire de ce qu’il vous inspire, sans vous demander s’il y a une bonne ou une mauvaise vision.

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RAYMONDE LA BOUGIE DU NEZ INSURGÉ

Le Nez Insurgé est heureux de vous présenter sa première création parfumée : la bougie Raymonde. Ou comment un plaisir des plus simples génère une émotion indélébile…

L’HISTOIRE de Raymonde

Raymonde est née en 1925, fille aînée d’une nombreuse fratrie brisée par la guerre, ses années de jeune fille ont été marquées par la faim. Devenue mère et grand-mère, elle s’est toujours assurée que personne ne manque de rien sous son toit.

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CONTE DE NOËL

Vitrine de Noel le Nez Insurgé Notre histoire commence un jour en Perse, à une époque si lointaine qu’elle précède l’histoire des hommes. Ce jour vit naître d’une pierre, sous un arbre sacré, au pied d’une source divine, le dieu Mithra, sous le regard ébahi de quelques pasteurs (au hasard…3) qui observaient la scène cachés dans la montagne voisine.

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